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La fête du Scampanata est typique d'Anghiari, village médiéval de la province d'Arezzo, et fait partie du cycle des fêtes printanières. La communauté locale a proposé de célébrer de nouveau cette tradition particulière tous les cinq ans. La fête du Scampanata partage quelques caractéristiques des rituels européens de type « charivari » : la dérision collective de celui qui a enfreint une règle du comportement social, l'utilisation de la musique et du vacarme produit avec des instruments improvisés, le transport de la victime, la participation de groupes de jeunes. Toutefois, de par son caractère cyclique et sa durée, qui à une certaine période atteignait tout le mois de mai, et surtout de par la motivation qu'elle anime (c'est-à-dire la punition qui attend celui qui ne s'est pas réveillé à temps), la fête du Scampanata semble se différencier des autres formes connues de « charivari ». Dans cette région, c'étaient les « cocciate » qui tenaient davantage du « charivari ». Elles visaient les veuves qui se remariaient ou ceux qui s'apprêtaient à célébrer leurs noces à un âge avancé. La Deuxième Guerre mondiale entraîna une longue interruption de la coutume, qui se prolongea jusqu'en 1980, année où il fut proposé de la faire renaître, dans une volonté de récupérer les traditions locales.
De nos jours, tous les cinq ans, chaque jeudi et dimanche de mai, quiconque est inscrit à la « Société du Scampanata » doit se présenter à l'appel avant six heures du matin sur la place principale du village. Les retardataires, où qu'ils soient et malgré la bonne excuse qu'ils pourraient avoir, sont punis d'avoir enfreint la règle. On les transporte alors sur un chariot bigarré décoré de floraisons de mai, qui est traîné à la main dans les rues abruptes du bourg. Une musique assourdissante les accompagne pendant qu'on leur lance des substances alimentaires (farine, oeufs, cacao) ou répugnantes et qu'on leur tend un poisson devant le visage. À la fin du parcours, la « victime » est méconnaissable, épuisée et a la nausée; elle ressemble plus à un pantin qu'à un humain. Dans la communauté, cet événement est non seulement une occasion de divertissement collectif rappelant beaucoup le carnaval, mais souvent aussi un instrument permettant de manifester une aversion personnelle ou de l'hostilité que l'on ne peut exprimer dans des situations normales.
Cette tradition particulière, de par ses ressemblances aux cérémonies cycliques qui marquent le renouvellement au printemps et à certains rituels reliés à la fertilité, dont les racines remontent avant l'ère chrétienne, peut également être interprétée selon l'idéologie primitive de l'agriculture qui caractérisait cette région dans le passé. Dans un contexte économique principalement fondé sur l'agriculture, l'importance du réveil printanier trouve son expression dans une fête collective représentative qui correspond aux besoins de la communauté : imputer à un seul individu la faute de la transgression à l'ordre naturel des événements, et expier le mal en célébrant un rite pour ainsi rétablir l'ordre. |
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