textes et vignettes

1946
  L’adoption du pantalon par la Québécoise

L’adoption du pantalon par la Québécoise témoigne des changements de mentalité : de 1940-1950 : hésitation, 1951-1956 : désertion, 1957-1966 : mutation, 1967-1980 : ébullition, 1981-1990 : adoption, 1990-2000 : stabilisation.

Comme grande prêtresse de la modernité, la mode favorise la passerelle entre l’image féminine d’hier et le consensus presque universel d’une nouvelle dimension identitaire. De nouveaux signes sociaux s’élaborent avec l’avènement de ce vêtement ambivalent. En achetant un pantalon, la québécoise doit se soumettre à une autre architecture corporelle. L’adoption se fait de façon graduelle permettant ainsi de définir et de redéfinir la position de la femme. Cette éclosion timide du paraître en pantalon révèle un attachement à ce qui était et ce qui demeure des éléments d’une tradition de l’être.

Avec l’entrée en scène d’une consommation vestimentaire effrénée, le port du pantalon devient le reflet d’un désir d’émancipation. Cette mutation des gestes séculaires, ce changement de trajectoire du dimorphisme sexuel est manifeste au cours du XXe siècle. Plusieurs sources iconiques, scripto-iconiques et ethnographiques révèlent un vêtement porteur de messages au regard d’une coutume où des hésitations et des résistances font place aux innovations.

Agathe Gagné-Collard,
Sainte-Foy, Québec
Canada


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