Le corps réparé : l'illusion de l'immortalité
textes et vignettes

 
Masque de Werner Strub, photo : René Funk.
 
 

 
Des chercheurs ont tenté de transplanter des tissus ovariens de foetus avortés ou de bébés filles mort-nées à des femmes stériles. Si un enfant naissait à la suite d'une telle intervention, il aurait donc génétiquement une mère jamais née. Ollivier Dyens. Chair et métal. VLB.

Figurine de femme enceinte utilisée pour enseigner la médecine vers 1700. Collection : Das Medizinhistorische Museum der Universität Zürich.
 
 

 
Sous le regard de ceux qui n'ont plus que des yeux de verre, nous réapprenons à voir la vie autrement. En rencontrant ceux et celles qui profitent malgré tout, heureux, de la jambe de remplacement, du poumon transplanté ou du coeur qui bat à nouveau, nous nous sentons des privilégiés. Des privilégiés à qui la vie a épargné la visite au comptoir des pièces de remplacement.

Collection de prothèses oculaires, Wiesbaden, Allemagne, vers 1880. Das Medizinhistorische Museum der Universität Zürich.
 
 

 

 
Photos : MHNN, Jo‘l von Allmen.
 
 

 
Mendiants à béquilles et à prothèses réalisés par Simon Troger, en bois et ivoire, 1ère moitié du XVIIIe siècle, Bavière. Collection : Das Medizinhistorische Museum der Universität Zürich.

  Voici les vignettes des objets et les textes intégraux de cette alcôve. Vous pouvez les imprimer.

Le corps réparé : l'illusion de l'immortalité

Le temps est impitoyable... Les humains, comme les machines, s'usent, se brisent, s'affaiblissent de toutes parts. Depuis des siècles, des prothèses telles que perruques, yeux de verre ou mains artificielles, à défaut de fonctionner, ont redonné aux corps meurtris un meilleur aspect.

Aujourd'hui, le magasin des prothèses est bien fourni. Une vaste quincaillerie médicale est à la disposition des patients : dents, appareils auditifs, hanches, genoux, valves et stimulateurs cardiaques sont les mieux connus. À l'apparence simulée s'ajoute la fonction retrouvée. Quant à la chimère « homme-machine », capable de rendre la vue aux aveugles ou de restituer une fonction motrice aux personnes tétraplégiques, elle est sur le point de devenir réalité !

Les organes vivants provenant de donneurs humains (cœur, rein, foie, poumon, cristallin) ou animaux s'ajoutent aux prothèses artificielles depuis une trentaine d'années. Tout récemment sont apparus les premiers produits issus de l'ingénierie tissulaire cultivés in vitro : épiderme, vaisseaux sanguins et, bientôt peut-être, foie, pancréas ou cornée.

Comment ne pas rêver de repousser toujours plus loin la frontière de la mort, devant ces progrès impressionnants ?

 
 
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