
Ôuvre de Jean Fontaine. MHNN, photo : Danièle Rapin.
MHNN, Katrie Gagné.
Veauà deux têtes. MHNN, photo : Alain Germond.
Après avoir réussi à cloner une brebis, une souris, un porc, les laboratoires oseront-ils cloner des humains ? Et si oui,à quoi le clone ressemblera-t-il ? Ne sera-t-il pas que la marionnette protégée, manipulée, maîtrisée de son original ?
Masque de Werner Strub, photo : René Funk.

Les premiers automates, issus d'un admirable savoir-faire, reproduisaient non seulement le corps humain mais également la précision de ses mouvements. Deux siècles plus tard, ce sont des parties du corps humain lui-même qui sont reproduits en laboratoire.
Automate de Jaquet-Droz. « Le dessinateur », 1769.
Collection du Musée d'art et d'histoire de Neuchtel.
Dans les années qui viennent, qui pourra décider de ce qu'est l'humain, comment le transformer, selon quelles normes, pour quel projet de société ? Des scientifiques, des médecins, des assureurs, le pouvoir politique ou encore le pouvoir économique ? (Daniela Cerqui et Olivier Simioni). Dieu n'a certes plus l'exclusivité de la Création même si, comme lui, plusieurs rêvent d'être immortels.
MHNN, collection privée.
L'homme et son double. Björn Fühler, marionnettiste, Alsace. |
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Voici les vignettes des objets et les textes intégraux de cette alcôve. Vous pouvez les imprimer.
Le corps dupliqué : l'illusion de l'éternité
Puisque l'on peut maintenant cultiver séparément les cellules de certains de nos organes, pourquoi ne pas faire le grand saut et disposer d'un corps entier, d'un double ? La brebis Dolly et le souriceau mâle Fibro indiquent la piste, techniquement ouverte, au clonage humain. Un double ne constituerait-il pas une brave réserve d'organes, toujours à disposition, et merveilleusement compatibles avec le système immunitaire de chaque personne ?
Le clonage apporterait sans doute une illusion d'éternité, mais il tuerait en même temps l'individualité. Le « Je » disparaîtrait au profit du « Nous ». En perpétuant une identité génétique sans la modifier, le clonage nous réduirait à l'état de bourgeon ou de bouture. Il signerait ainsi le retour à la vie la plus primitive : celle des bactéries qui toujours se divisent et jamais ne meurent. La Nature a créé des organismes immortels avant l'apparition de la reproduction sexuée. Mais depuis, celle-ci oblige des individus à mourir pour que d'autres naissent, nouveaux et différents.
Le clonage n'est-il pas un cul-de-sac où le savant joue à Dieu pour dupliquer l'homme à son image ? |