Alors que nous abordons le troisième millénaire, la « question » de Dieu se pose, plus délicate que jamais. La société occidentale, totalement façonnée par une culture judéo-chrétienne qui a bientôt quatre mille ans, s'interroge sur la transformation et l'évolution du sentiment religieux. Face à la baisse des pratiques religieuses traditionnelles, au rejet des dogmes, à l'émergence de nouvelles pratiques, à l'intériorisation et à l'individualisation de la foi et de la croyance, aux découvertes scientifiques qui repoussent toujours plus loin l'idée de la création divine de l'univers et de l'homme, il est temps de s'interroger sur la figure de Dieu et sa place dans notre société.

La figure de Dieu n'apparaît pas, comme on le croit trop souvent, sortie d'un néant. Le Dieu des Juifs, révélé à Moïse sur le mont Sinaï, au milieu du 13e siècle avant J.-C., apparaît à la suite d'un long processus de maturation lié à l'histoire de l'humanité. Qu'est-ce donc en effet que le sentiment religieux sinon une interrogation permanente sur le sens de la vie, sur la vie après la mort et sur les liens qui unissent les hommes ? Bien avant la parole du Dieu révélé, on peut identifier, vers 100 000 avant J.-C., des formes de vie spirituelle autour du « sentiment de l'au-delà » qui se matérialiseront quelques millénaires plus tard sous la forme de religions et de cultes polythéistes au Proche-Orient. C'est dans ce contexte que naîtra, en une période extraordinairement féconde sur le plan religieux, le monothéisme. Du point de vue du croyant, le Dieu unique est désigné comme le créateur de chaque chose, un absolu de bonté et un principe de salut. Cette foi s'appuie sur l'engagement divin qui met fin à l'égarement et aux interrogations de l'individu sur le sens de la vie. En contrepartie, l'homme doit sans cesse répondre de son engagement et de son attachement à Dieu à travers la foi qui est à la source et au centre de toute vie religieuse. Conviction profonde, individuelle, la foi s'exprime aussi à travers un ensemble de gestes et de cérémonies ritualisé dans les trois grandes religions monothéistes.

La descente de la croix
Intérieur du volet droit du triptyque de l'église Notre-Dame de l'Assomption à La Tour-du-Pin (Isère) Peinture sur bois attribuée à Georges Pencz 1541-1542 Oeuvre classée monument historique

À partir du 5e siècle, la croix tend à devenir le symbole officiel de l'Église et de la religion chrétienne. Au fil des siècles, son usage devient multiforme et son iconographie prolifique. Symbole religieux, emblème ecclésiastique, la croix est l'attribut du Christ, le fils de Dieu dans la religion chrétienne.